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Une Vahiné en Métropole

09/05/2022

Une Vahiné en Métropole

Meherio Raynaldy

 

Meherio Raynaldy a 24 ans et vit avec son Tane, lui aussi originaire de Moorea, dans un petit village en France, en Gironde, pas loin de Bordeaux. En novembre dernier, dans le vieux centre de Langon, elle a ouvert une boutique 100% polynésienne : HIVAROA FROM POLYNESIA.

On y trouve tout ce qui fait la réputation de nos îles et qui est cher aux Polynésiens, comme la cosmétique avec du Monoï, la bijouterie avec des perles et des keishis, le prêt à porter avec des modèles et des tissus de la boutique Vénus et quelques produits alimentaires, comme le Sao, le Rotui, les bonbons chinois...

 

Meherio est née à Tahiti, elle est originaire de Moorea, du Motu Temae plus précisément. Ses parents travaillaient dans le tourisme et elle a passée toute son enfance sur l'île Soeur.

Elle a ensuite poursuivi ses études au Lycée Paul-Gauguin  " Je prenais le bateau tous les matins et tous les soirs !"

Une fois son baccalauréat obtenu, elle se décide pour une licence en archéologie et histoire de l'art. Elle part alors pour la France, à l'université de Bordeaux - Montaigne. " Mon papa etant français , je connaissais la métropole, je n'ai pas été trop dépaysée, sauf en hiver, c'était la seule saison que je n'avais pas connue et même encore maintenant, j'ai du mal à m'y faire ! " comment-elle.

 

Cette vie étudiante, tu en gardes un bon souvenir ?

 

J'en garde un super souvenir ! C'était tellement différent de la vie du lycée, à Tahiti. On croise tous les jours des nouvelles personnes, autant dans les soirées étudiantes que les évenements à la fac. Quand j'ai arrêté mes études, je me suis dirigée vers une formation en création d'entreprise, j'avais des soucis financiers et il fallait que je trouve une activité rémunératrice.

 

D'ou t'est venue l'idée de créer une boutique 100% polynésienne ?

 

C'est en 2019, alors que j'étais en France depuis quelques temps déja, que j'ai commencé à commercialiser des spécificités polynésiennes, des produits, des objets, des saveurs qui ont marqué mon enfance et ma vie au fenua. Les demandes ont augmenté, je commençais à avoir beaucoup de commandes, ma chambre est devenue mon entrepôt ! Aussi, au cours de l'été 2021, j'ai décidé de chercher un local pour installer ma boutique qui regorgerait de produits du Pacifique, recherchés par la communauté d'iliens qui vivent autour de la ville de Langon.  Les travaux ont démarré et, quatres mois plus tard, Hivaroa From Polynesia a ouvert ses portes, avec, en parallèle, un service de vente en ligne pour expédier partout en France et à l'étranger.  Je veux faire évoluer l'offre de ma boutique vers des produits de tout le Pacifique. J'ai uassi une clientèle de Nouvelle Calédonie, de la Reunion, de Wallis : tous ces gens me demandes à avoir des produits de chez eux aussi !

 

Comment expliques-tu cet appétit que l'on peut avoir quand on vit loin de chez soi pour des produits issus de son pays ?

 

Ça manque ! Déja, quand j'étais étudiante à la fac de Bordeaux, mes parents m'envoyaient du mono'i, des vêtements colorés...Retrouver le contact avec ces produits de l'enfance qui nous ont marqués apporte de la joie, tout simplement, une sorte d'apaisement ! Les gens me disent qu'ils sont ébahis devant leur paquet de Sao, ils savourent chaque biscuit, ils les dégustent comme si chacun était le dernier de leur vie

 

Que fais-tu à tes heures perdues ?

 

Mes deux passions sont la danse et la photographie ! Je me suis lancée dans la danse urbaine quand je suis arrivée en France, car je n'ai pas trouvée de cours de 'ori tahiti. Et aujourd'hui, je suis photographe et vidéaste pour une association de danse : on réalise des clips vidéo, des photos pour alimenter les réseaux sociaux...

 

Ps : l'asso c'est DEEP MOVE DANSE A LANGON 

 

Que fait-tu le week-end ? 

 

Je travaille le samedi : la boutique est ouverte et, le dimanche, je recherche des nouveaux partenaires. C'est le seul moment où je peux me poser pour faire ce travail. J'oriente aussi mes recherches pour commercialiser des produits réutilisables et durables, comme des lingettes, des cosmétiques 100% naturels sans emballage plastique...et toujours aux couleurs de la Polynésie.

Je suis ouverte à toutes les propositions de partenariat et aussi aux porteurs de projets pour épauler des gens, les accompagner et les conseiller pour ouvrir d'autres boutiques polynésiennes en France.

 

Que dirais-tu aux jeunes hine ? Quels conseils leur donnerais-tu pour "l'après lycée" ?

 

Faire ce que l'on a envie de faire, même si c'est loin, se donner les moyens de réussir et croire en ce qu'on a envie de faire.